Une seconde lettre de SS, plus claire, peut-être, reçue ce matin :
«Tuer, c'est mieux que de boire. Tuer comme on chante, en pleine conscience, en connectant, en regardant (pas en ouvrant les yeux simplement et en les pointant dans la même direction que le canon, mais en regardant), en vibrant au même rythme que toute la vie ambiante.
Il n'y a pas de son dans le désert, pourrait-on dire, car le bruit ambiant détruit tout, à la manière d'une trop grande sécurité, à la manière de mon Glock. À la manière peut-être que j'ai toujours défoncé les murs plutôt que d'emprunter les portes, à la manière d'un violeur, à la manière qui cassèrent (peut-être même sans qu'elles le sachent) TaStrophe et Incolore, à la manière d'un Homme qui ne s'accepte pas.
Tuer, c'est mieux que de boire; il faut réaliser combien on est petit, combien tout peut s'éteindre, combien la bouteille se termine mais que la mort reste. Peut-être, aussi, que la solitude, c'est de tuer. Il me faut donc, viscéralement, vous envoyer ces mots. Écrire, c'est donner la vie, et donner la vie, c'est mieux que de Tuer.»
jeudi 22 août 2013
mercredi 21 août 2013
Récit de Sammy Soldat - Partie 2
Des nouvelles troublantes de SS, ce matin, par une lettre reçue par la mail. La voici retranscrite, en intégralité, en vous épargnant les fautes et la calligraphie :
« escarmouche de grand sang; j'avais pris des munitions de surplus, j'avais pris des munitions explosives et des munitions qui percent le cœur, les messies d'il y a quelques jours sont venus pour me bouffer l'âme, avec les succubes des autres années, leurs amies, certainement; le désert est infesté ce matin, c'est une fête et je me cache sous les cadavres des fourbes que j'ai tués, hommes et femmes, pour ne pas qu'ils me trouvent qu'ils trouvent mon secret; mon fusil a tiré beaucoup, c'était une chanson de canons et le mien jouait solo, morbide symphonie au levé du soleil alors que les premiers me trouvèrent : c'était eux qui voulaient mettre un ordinateur dans mon cerveau et ils sont arrivés avec des alliées, là je gis sous leur froidure car ils sont d'autres, ils sont beaucoup encore, je me terre; si je m'en tirerai je répéterai l'exercice, là voici une lettre échapatoire pour qu'on sache comment tout cela a fini, j'ai les pas à faire, j'ai les pas en avant à venir, mais j'étouffe; ne me reste de certain que ces mots, et quelques Aves Maria, je retourne à ma solitude baignée sous le poids de mes meurtres... »
La lettre était tachée de sang. Priez, priez, chers amis pour le Soldat perdu.
« escarmouche de grand sang; j'avais pris des munitions de surplus, j'avais pris des munitions explosives et des munitions qui percent le cœur, les messies d'il y a quelques jours sont venus pour me bouffer l'âme, avec les succubes des autres années, leurs amies, certainement; le désert est infesté ce matin, c'est une fête et je me cache sous les cadavres des fourbes que j'ai tués, hommes et femmes, pour ne pas qu'ils me trouvent qu'ils trouvent mon secret; mon fusil a tiré beaucoup, c'était une chanson de canons et le mien jouait solo, morbide symphonie au levé du soleil alors que les premiers me trouvèrent : c'était eux qui voulaient mettre un ordinateur dans mon cerveau et ils sont arrivés avec des alliées, là je gis sous leur froidure car ils sont d'autres, ils sont beaucoup encore, je me terre; si je m'en tirerai je répéterai l'exercice, là voici une lettre échapatoire pour qu'on sache comment tout cela a fini, j'ai les pas à faire, j'ai les pas en avant à venir, mais j'étouffe; ne me reste de certain que ces mots, et quelques Aves Maria, je retourne à ma solitude baignée sous le poids de mes meurtres... »
La lettre était tachée de sang. Priez, priez, chers amis pour le Soldat perdu.
mardi 20 août 2013
Récit de Sammy Soldat - Partie 1
Sur les dernières minutes de vie de son cellulaire, Sammy Soldat m'a communiqué les dernières nouvelles de son périple dans le désert. Non, il n'est pas mort!
Semblerait-il qu'il a croisé, à dos de dromadaires surprenants, des hommes qui entrevoyaient le futur; le jour où nos cerveaux seraient « fusionnés aux ordinateurs », selon leurs dires, et que seuls les hackers seraient maîtres du monde. Aussi m'a-t-il dit de ne pas m'en faire, cela ne restait qu'un délire de chaleur, comme il y en a tant.
Il m'a parlé de manière un peu plus vague du but de son voyage. Il parlait de lumière (comme s'il devait en manquer, dans le désert!), de calme et de fraicheur. Il parlait d'orangers et de miel. Sa voix était érintée, il semblait chercher son air, comme après une longue période d'apnée, puis il replongeait dans ses paroles quasi prophétiques.
Tiens bon, Soldat. Tiens bon.
Semblerait-il qu'il a croisé, à dos de dromadaires surprenants, des hommes qui entrevoyaient le futur; le jour où nos cerveaux seraient « fusionnés aux ordinateurs », selon leurs dires, et que seuls les hackers seraient maîtres du monde. Aussi m'a-t-il dit de ne pas m'en faire, cela ne restait qu'un délire de chaleur, comme il y en a tant.
Il m'a parlé de manière un peu plus vague du but de son voyage. Il parlait de lumière (comme s'il devait en manquer, dans le désert!), de calme et de fraicheur. Il parlait d'orangers et de miel. Sa voix était érintée, il semblait chercher son air, comme après une longue période d'apnée, puis il replongeait dans ses paroles quasi prophétiques.
Tiens bon, Soldat. Tiens bon.
Falloir
Tout c'qui t'faut mon Prom' c't'un peu d'huile dains coudes pis erpart!
Il faut qu'tu retrouves tes majuscules pis tes ponctuations, ça sera pas facile, crémen!
< voici le silence
<< revenu entendu
< en aparté
au revoir les bonnes manières, trop longtemps cloîtré dans les US
revoici la pureté de dire
Prométhée
Il faut qu'tu retrouves tes majuscules pis tes ponctuations, ça sera pas facile, crémen!
< voici le silence
<< revenu entendu
< en aparté
au revoir les bonnes manières, trop longtemps cloîtré dans les US
revoici la pureté de dire
Prométhée
lundi 19 août 2013
PV Back, SS lointain
SS est perdu dans le désert
pourchassé par les sorcières et Bleue Incolore et Kélia Ta-petite-Strophe (notez, TPS, c'est pas un hasard)
les oasis sont rares et survivra-t-il?
Tout est si sec qu'il ne pleure plus
***
Ici je me sens aise, Marie-Pier n'est pas loin, elle cajole mes oreilles de temps en temps. Attendons son retour, ici, il y aura la suite de ses aventures et ses silences. Et mes amours.
pourchassé par les sorcières et Bleue Incolore et Kélia Ta-petite-Strophe (notez, TPS, c'est pas un hasard)
les oasis sont rares et survivra-t-il?
Tout est si sec qu'il ne pleure plus
***
Ici je me sens aise, Marie-Pier n'est pas loin, elle cajole mes oreilles de temps en temps. Attendons son retour, ici, il y aura la suite de ses aventures et ses silences. Et mes amours.
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