dimanche 16 mai 2010

Mucielle - II

Je ne voulais plus écrire. Voilà une exception.

Perdre franchement le tour, s'étendre dans la folie sans en tirer la graine, ou le haricot d'étaler nouvellement des mots comme avant pour les autres.

Ne plus être inspiré ou boire du café ou de la bière ou fumer. Me garocher en ivresse.

Comment
s'anéantir en factice et en larmes
Comment
huissier son propre tempérament
Comment
bati-fol-ler et des guerres et se tuer
et ç'arrimer l'objet d'un rien
Comment
et s'éclipser dans l'alcool de patates

me regarder

le miroir qui devient rédempteur de se voir si loin et d'avoir peur
le miroir en couteau, le miroir en chain-saw, le miroir en folie allemande
le miroir avec ses yeux ses yeux et la mort en prime
le miroir d'un été long trop long et de se demander

Comment
les hirsutes journées à me répéter que je ne sais plus cérire
Comment
les journaux en feu et les manifestations rouges
Comment
se rappeler l'immense et le vide et la mort et la mort
Comment
écrire

Mucielle l'immense
Mucielle la grande
avec tes mots et ton piano silencieux
avec tes rires plus francs que les miens
avec tes seins en parapluies et pour les derniers jours
Mucielle tellement
avec la fanfare des anciens et le coeur, et le coeur
avec la journée drabe aux pleurs discrets
avec les rivières de tout en toi comblée
avec la puissance d'hiver comme spontanéité
Mucielle tellement tellement

Comment
se dire d'écrire
encore
plus

écris-moi un mouton
écris-moi
écris moi
écris, moi.

- PV

vendredi 30 avril 2010

J'hésitais, mais je perds.

Fin du mois d'avril, dernier message, probablement, je vous aime pareil. Trop.

Tout a commencé il y a trop longtemps. J'étais amoureux, puis non.
Comme si tout d'un coup, les larmes étaient devenues froides, elles qui avaient toujours brulé. Mais c'est pas important. C'est pas vraiment ça le début.

J'espérais me libérer, d'une tâche vaste qui s'étend jusqu'à la fin du monde, ma fin du monde.
Ça allait bien, le sourire et tout, mais j'avais besoin de plus, ne plus mentir, ni à moi, ni aux autres, être "franc, noble et plein de liberté".

Là, ça fait 2 jours que j'ai pas mangé, je suis assis dans Sa Montréal, elle est laide, mais le soleil l'embellit un peu. Et les oiseaux, les petits oiseaux. Un robineux, puis on m'offre de la drogue, je refuse. Le vent, mon chapeau, mon noeud pap., la virtuosité patante d'un matin que je déteste et (parce que) je pense à tout ça.

J'ai tout détruit à grands coups de mots turgescents (ça faisait au moins changement du phallus ramolli), mais c'était la chose à faire. Je l'ai détruite la petite Lib, mais c'est pas ça que je voulais faire, il fallait juste changer, que j'arrête de me mentir, de lui mentir. Parce qu'elle est belle, la petite Lib, mais pas pour moi.

Alors je suis parti, la laissant seule avec son SPLING de vaisselle brisée par terre. La pauvre. Elle qui avait tant d'Eau Profonde dans les yeux, de l'Amour pour le Monde. Y'en a pas assez, de monde comme ça, comme moi, comme les Quelques; et pis moi je fesse, je frappe dessus parce que j'ai LA misère à me tenir debout, droit, avec les yeux ouverts.

J'ai toujours pas mangé, j'ai pas faim. Sa Montréal m'a vraiment coupé le souffle, avec son exhaust moins cher et sa puanteur de mi-printemps. Et le soleil qui me fait penser à mon nom, et que j'aurais peut-être du choisir autre chose que ça. Lucifer, Jésus, Prométhée, ça sonne un peu vide, avec l'attitude et la gueule inutile que j'ai presque trop. Icare aussi, quand j'y pense, était trop rêveur.

Et la distance fut de plus en plus grande, je croyais les sauver en me sauvant, loin. Ça ne m'a pas sauvé. Plutôt engendré un espèce d'intellect grave et une envie folle de tout cesser : toute cette violence, toute cette incompréhension, toute cette poésie factice.

Et pis mon roman que j'ai commencé à garrocher pour de vrai.

Même si c'est fini, même si le monde est drabe, même si on se fait mal, c'est un peu pour toi que je l'écris, ce roman-là. Pour toi, moi, Aquin, Gauvreau, pis tous ceux qui vont l'apprécier.

Un roman libellé aux roses, et aux seins beaux pour mon sourire. Ah les seins. Les seins.

- Prométhée V. L'Icare baptiste, Dr. MotherHand la tarlouse, Sammy encore plus

dimanche 25 avril 2010

Mucielle - I

Propre, qui sied en haut de la falaise à partir au vent dans ses boucanes ganjées, et ça fuit. Le rituel est comblé - même sans amis - dans ce serré au dessus; dans cet oubli d'hiverner contre le monde.

Une paraphrase du Mal, de tourniquets de mal de coeurs. Mais toi mais moi à fumer et fumer l'espoir, dans les grands débats qui nous font honte, qui ne font rien, et qu'on passe à côté que ça nous fait MOURIR tout le temps.

La capitale de nos sourires est puissante et sous attaque, Mucielle, et j'ai besoin de toi.

Propre, avec ses mégots de partage dans son cendrier et ses sourires du coin de l'oeil, qui dégringole sur son visage. La différence symbiose qui s'impose comme victoire comme bouclier, contre les Beaux-malheureux, contre les Grands-suicidés, contre les Géants-tristes.

Bouclier contre la falaise et le vent et le saut. Et si roulée si aimée.

Respire, contemporaine, hill-légitime.

- PV

mercredi 21 avril 2010

Pourquoi Oui II

J'en étais à lire encore des commentaires de Fédé.

Il existe des québécois qui disent que le gouvernement du canada est leur gouvernement, que l'armée canadienne est leur armée, et que c'est parfait ainsi. C'est juste une langue.

C'est ce que je disais aussi à la fille que je violais, l'autre soir, en l'embrassant et en l'enculant allègrement : c'est juste une langue. C'est juste un phallus.

C'est juste...

- PV

mardi 20 avril 2010

Mon roman arrive en grande.

Intro-d'intro-ise et phantasme liquide : le scorpion tanier et mucère l'hyp-phyde Gingras.
C'est la catacombe, vraiment?

Vraiment.
Comme l'ulcère ou l'adultère.
Boum et c'est parti; c'est fini.

Un cri un rire et ça s'argamalse, ça se craint, ça guignole et guenille et grand gourou aux noeuds paps. noirs.

un vide liquide de ramoner vainement.

Le roman s'accouche par les yeux et les doigts, et la bouche. Il sera grand grand.

- PV